L’état actuel des choses


Pour passer d’une saison à l’autre, et d’une année à l’autre, Galerie Showcase a le plaisir d’accueillir L’état actuel des choses, une proposition de Valentine Gouget.

De son cursus en école d’architecture, Valentine Gouget retient une notion en particulier, celle de « faire lieu », que ce soit par l’investissement de lieux vacants ou la création de lieux éphémères. Faire lieu signifie regrouper des humains dans un espace et un temps donné, rassembler autour d’idées, partager un moment.

L’état actuel des choses est ainsi une exposition comme un moment d'échange autour d'un verre, en l’occurrence une tasse, réalisée par l’artiste pour cette occasion.

La proposition d'investir Galerie Showcase est intervenue pour Valentine Gouget lors d’une remise en question de sa pratique et le développement de nouvelles envies, de nouvelles pistes de recherches. Cette invitation à exposer permet ainsi à l’artiste d’expérimenter une nouvelle manière de faire œuvre. Il s’agit alors de pointer les dysfonctionnements de notre époque, la gravité de certaines situations humaines, la difficulté à vivre-ensemble, de manière non frontale mais en mettant au contraire en exergue ce qui tient de la joie, de l’échange simple et chaleureux, de la bienveillance.

Ces réflexions sur la convivialité ont ramené Valentine Gouget à l'architecture donc, mais aussi à la céramique, technique pratiquée à l’école d’art de La Cambre (Bruxelles) et laissée de côté par l’artiste ces dernières années. La céramique comme matériau associé au repas, permettant d’en réaliser les contenants, assiettes, bols, tasses...

Cinquante cinq tasses en céramique, cuites et émaillées ont été réalisées par l’artiste en vue de l’exposition. Le moment du vernissage sera l’occasion de les utiliser, y servir du vin chaud et autres boissons de saison ; de partager ce moment avec les invités et passants. Les tasses seront ensuite rangées dans la vitrine de Galerie Showcase, avec les traces de leur usage. Ces restes d'un moment de partage, plus qu’une nature morte, sont envisagés par l’artiste comme une invitation adressée aux passants à faire de même : faire lieu en se rassemblant.

Le titre de l’exposition, L’état actuel des choses, fait référence à la démarche de Marie Vassilieff, artiste russe immigrée à Paris, qui, pendant la Première Guerre Mondiale, transforme son atelier en lieu d’accueil et en cantine pour les artistes du quartier – comme Pablo Picasso, Georges Braque, Amadeo Modigliani ou Chaïm Soutine. Sur la plaque inaugurant cette cantine, on pouvait lire : « Marie Vassilieff, peintre – sculpteur – décorateur, après un quart de siècle d’activité artistique, connue de toute l’Europe, vaincue par l’état actuel des choses, suspend jusqu’à nouvel ordre son métier d’artiste, en liquidant ses œuvres à 100% en son atelier [...] et en se mettant BONNE À TOUT FAIRE. On y mange, on y rit, on y cause et on y est chez soi. Soyez le bienvenu. »

Ici, les choses se sont déplacées : le contexte n’est plus le même et l’accueil et le repas font partie intégrante de la proposition artistique de Valentine Gouget. L’état actuel des choses, laisse place ici à la possibilité de faire œuvre ensemble.