relis et relie et relie et relis


L'archive est collée sur une vitre. La vitre délimite l'espace de la galerie. La galerie est éclairée par une ampoule. L'ampoule est branchée par dérivation sur l'alimentation d'un lampadaire. Le boîtier de dérivation est alimenté par des câbles électriques. Les câbles électriques sont reliés au réseau d'éclairage de la ville. L'archive est dans la ville. Évoquant le Cours des choses de Fischli et Weiss, François Marcelly‑Fernández tire les ficelles qui font tenir les rapports entre l'espace de l'art, ici, la galerie, et l'espace de la culture, là, la ville, la cité.

Comment se regardent ces deux entités régissantes de – et contingente à – l'espace public ? Quels flux, liaisons et continuités se jouent à leur surface mitoyenne, infime, qu'est la vitrine de la galerie dans la rue, ou plutôt, qu'est la fenêtre qui donne sur la rue depuis la galerie ?

Pour aller à la rencontre d’un texte, d’une parole, François sculpte avec des appels téléphoniques à la ville, avec les électriciens de la ville, avec les possibles de l’institution, avec l'invisibilité du courant des câbles, avec l'immatérialité de la lumière, avec le vide de l'espace d'exposition, avec la translucidité du papier et la transparence du verre – il sculpte une situation prospective. Une situation où tous les éléments, objets ou humains, sont acteurs d’un lieu et d’un espace qui ne demandent que leur formation, qui questionnent intrinsèquement leur nature et leur existence.


Norman Nedellec